NTIC

article-ntic

NTIC, un marché en pleine ébullition

Systèmes d’information, e-commerce, infrastructures télécoms représentent les principaux axes de développement en matière de révolution dans le domaine des NTIC. La diaspora marocaine qui s’y intéresse devrait se lancer dans une des trois voies. Les niches sont encore nombreuses car les marchés sont encore jeunes. Explications.

« Le Maroc est aujourd’hui un  « Far West du numérique « . Ce domaine représente un véritable levier de croissance économique sous l’effet du développement des infrastructures télécoms, des systèmes d’information et du commerce électronique. Après la stratégie Maroc Numeric 2013, le gouvernement en partenariat avec le secteur privé travaille pour l’adoption d’une nouvelle feuille de route à l’horizon 2020 ».

Rachid Jankari, journaliste à la base a saisi sa chance pour se positionner dans le domaine des NTIC. Le marché est en effet juteux et laisse encore plusieurs niches de démarcation.

Quand il a lancé sa start up, il y a quelques années, Rachid savait que les systèmes d’information étaient le cœur des priorités pour réussir le défi que s’est lancé le Maroc aux horizons 2020. Car c’est un fait. Qu’il s’agisse du privé ou des administrations, les bases de données demeurent le casse tête chinois de tout manager qui souhaite affiner ses prospections dans le cadre de son activité.

Partant de ce constat, Jankari Consulting s’est spécialisée, depuis 2006, dans l’information, le conseil, la formation et l’intelligence économique en Afrique.

L’activité s’articule en trois pôles.  Le premier est dédié au conseil, à l’étude,  la formation sur la communication digitale, l’intelligence économique et les marchés IT du Maghreb et de l’Afrique.Le second est axé sur la gestion des bases de données B to B sur le Maroc et l’Afrique à travers la base « Smart Data Morocco » qui recense les managers classés dans le top 500. Le troisième pôle Médias  édite un magazine électronique, dédié à l’actualité des technologies de l’information au Maghreb, « Maghreb Digital ».

Au fil des ans, Rachid tisse son réseau et ce, même en Europe. L’entreprise a conduit une étude sur les perspectives d’émergence d’une filière TIC au Maghreb pour le compte du thinkthank européen IPEMED. Une autre étude a été réalisée sur l’avenir des technologies de l’information au Maroc à l’horizon 2030 au profit de l’Association des Sociétés Technologiques (ASTEC). Les résultats demeurant propriétés de ses clients…

D’emblée, Rachid tracera le chemin aux marocains désireux de s’installer au Maroc et créer leur start up dans les NTIC.

« La meilleure résolution à prendre est de démarrer la réflexion et adopter un plan d’action pour venir investir au Maroc notamment dans le domaine des technologies de l’information. Le Maroc est un point focal aussi bien pour approcher le marché européen qu’africain. Cette interconnexion Europe/Afrique est une opportunité à explorer et à creuser ».Et à la question de comment créer concrètement son entreprise, l’expert du domaine répondra que « la seule démarche est le courage et la volonté de vouloir créer la valeur en développant une capacité de gestion des contraintes administratives et du développement du business ».

Tout est dit. La matière grise ne pouvant pas être valorisée juste par la rémunération, une start up du genre réunira à la fois des ingénieurs mais aussi des personnes maîtrisant les outils et les logiciels pour développer du contenu. La collecte s’effectue généralement par le biais de personnes recrutées de manière ponctuelle et qui sont chargées uniquement de la collecte brute. L’intelligence de l’information renvoie à sa hiérarchisation mais aussi à sa mise en forme pour une utilisation immédiate, efficace et conviviale. Et c’est le travail du maitre ! Rachid ne cache pas à la fois une certaine fierté après chaque sortie de base de données démontrant qu’il y a encore beaucoup à faire dans la numérisation des données.

Tout est aubaine dans ce marché. Faut il encore avoir son réseau pour démarcher mais surtout diagnostiquer les besoins des managers. Car le diagnostic est stratégique. Et c’est là où le conseil intervient. Les enjeux sont clairs.

Le Maroc est encore loin d’avoir fini sa révolution numérique même si les avancées sont réelles. Facteur essentiel pour l’émergence de la Société du savoir, le développement des NTIC contribuent au développement humain et par ricochet à la croissance économique nationale.

Administrations, entreprises et citoyens, toutes les composantes de la Société marocaine sont concernées. C’est en tous les cas dans ce cadre que le Plan Maroc Numeric 2013 a été conçu (voir encadré). Les chantiers sont énormes. Le e-commerce en représente un.

Autre niche, la plateforme commerciale

A 21 ans à peine, Yasmine El Baggari a créé sa plateforme Voyaj qui lui a valu un prix lors de l’organisation du GES à Marrakech. Tout juste après, elle s’envolera pour la Maison Blanche pour être reçue comme l’une 100 blogueurs de voyage les plus influentes.Lorsqu’elle part étudier au pays de l’Oncle Sam, Yasmine ne savait pas un jour, qu’elle sera sollicitée par le ministère des Affaires étrangères, mais aussi par le département de la recherche à l’Université de Harvard pour des travaux de recherches. Elle est nommée par le Département d’État des États-Unis comme un ambassadeur Jeune marocaine.Son travail a été fortement médiatisé dans le National Geographic, Jadaliyya, Foire Observateur, Inc. Magazine, The Economist et The Huffington Post. Son mérite a été très vite reconnu et Yasmine a reçu plusieurs prix notamment de l’AfricanStudies Association, Hampshire College (de 60K $) Award pour l’entrepreneuriat et l’innovation, le Prix Esprit d’entreprise, la Bourse de recherche Sander Thoenes, et deux prix d’Ingenuity. Et c’est grâce à ses fonds qu’elle a pu prendre une année pour se consacrer à son projet. Ses nombreux voyages pour rencontrer les familles d’accueil ont été financés ainsi. Et son idée est née de cette passion à vouloir relier les personnes des quatre coins du globe et ce, à des prix accessibles. Concrètement, sa plateforme en ligne repose sur un recensement de familles d’accueil à travers le monde entier.Le partage d’expérience, le rapprochement des cultures et des cœurs étant au cœur du projet.

Les étudiants qui désirent parfaire une langue étrangère et qui n’ont pas forcément les moyens nécessaires pour s’offrir des séjours linguistiques pourront désormais le faire à travers la plateforme à des coûts maîtrisés.

Prendre l’exemple de Yasmine pour investir le domaine des NTIC est ingénieux. Les idées ne manquent pas ni dans le voyage ni dans les autres services. Et la diaspora marocaine, imbibée déjà de l’univers de la technologie dans le pays d’accueil aura certainement plus d’une idée en tête pour venir la développer au Maroc. Les clients marocains sont friands de nouveauté et la panoplie des plateformes ne fait que commencer !

Cela dit la législation marocaine n’évolue pas de la même manière, il s’agira de valider le projet sur le plan faisabilité sur le plan légal avant de se lancer.

La plateforme Groupon cartonne. Vitrine virtuelle multiservices, la diversité de son offre commence à détrôner les commerces pignons sur rue. Et pour cause, sa stratégie commerciale repose sur des promotions créant le buzz autour des marques qui ont opté d’être référencées sur ce site. Seul hic pour celui qui voudrait se positionner sur ce segment : le paiement. L’investisseur ne pourra commercialiser que si le produit et le service sont disponibles au Maroc auquel cas la livraison sera problématique. Elle engendra des coûts et la procédure légale est un vrai casse tête chinois.

Cela dit, le Maroc tôt ou tard devra s’ouvrir vers de tels services. L’office des changes et la réglementation bancaire devront suivre ipso facto.

Autre filon très intéressant pour les experts du domaine, les infrastructures télécoms. Là aussi, le marché à son stade embryonnaire laisse présager des opportunités intéressantes dans un futur proche. Certaines sociétés qui pèsent lourds l’ont déjà investies. C’est le cas, tout récemment, de la société suissesse H&M qui opère dans la fibre optique. Elle vient de créer une représentation commerciale au Maroc. La démocratisation de l’internet, à travers le haut débit faisant partie des critères de modernité d’une société, les opportunités sont certaines à ce niveau.  Le top management de la société R&M Maroc le perçoit ainsi.

Partenaire historique d’Etisalat, Reichle & de Messari qui pèse 205 millions d’euros de chiffre d’affaires a saisi, en effet, l’opportunité de l’entrée en capital d’Etisalat dans Maroc Telecom pour se positionner sur le marché local. R&M a déjà certifié 7 partenaires et table sur 25 pour offrir aux entreprises et aux particuliers, une technologie puissante et fiable. A travers R&M Maroc, le client bénéficiera des expertises du groupe. Les ingénieurs marocains basés en Suisse ou en Europe pourront saisir certaines opportunités du secteur pour accompagner le développement des infrastructures au Maroc. Le partenariat représentant une solution sûre et pérenne.

Autre cas, celui de la société Sisteer qui représente une plateforme prenant en charge des opérateurs, des réseaux, services, marques, partenaires et tiers multiple.Dans ses caractéristiques, cette entreprise basée en plein cœur de la métropole économique offre à ses clients en France un environnement pour orienter les investissements techniques notamment. Concrètement, cette plateforme garantie la qualité de service commercial d’un opérateur.

En France, le marché sature. Au Maroc, les opportunités sont encore réelles. Cela dit la réglementation ne permet pas encore de tels schémas qui permettraient de passer par d’autres canaux et en faire bénéficiaire le client marocain. Les opérateurs français l’inaugurent désormais depuis des années au grand bonheur du consommateur qui peut accéder à l’équipement à un prix très intéressant et à un coût à la minute de consommation défiant toute concurrence. Au Maroc la législation continue à maintenir les prix à la hausse dans les télécoms. Le modèle Sisteer connaîtra probablement une duplication dans un futur proche. Le tassement du marché l’imposera… Bref, les investisseurs potentiels devront être à l’écoute du marché marocain dans le domaine des NTIC. Les opportunités sont énormes car ce marché est en train de faire sa révolution.

Encadré : Les chantiers du e-gov sont énormes

De plus point de vue MNO, le modèle de partenariat MVNO est maintenant reconnu mondialement comme le plus efficace pour aborder les marchés de niche, améliorer le positionnement de marché et d’améliorer la marge d’EBITA.

Related Articles