Négoce / import-export

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Une niche conditionnée par une forte mise de départ

Le négoce au Maroc est très important. Il permet d’alimenter les commerces, de développer les réseaux et de créer de nouveaux comportements d’achats en fonction des produits dénichés à l’étranger. Cela dit le négoce agit dans les deux sens et il est évident que celui qui va s’aventurer dans ce domaine doit avoir son réseau et inspirer confiance dans le business.

Globalement le commerce intérieur contribue à hauteur de 11% du PIB et emploie environ 1,2 million de personnes soit 12,8% de la population active marocaine. 

De nouveaux modèles de commerce sont apparus ces 10 dernières années représentés particulièrement par les réseaux de franchise et de grande distribution. Et c’est bien dans cette optique que le plan Rawaj vision 2020 a été concocté par le département du Commerce de l’Industrie pour le développement du secteur de commerce et de la distribution. Ce vaste programme a trait à la grande et moyenne distribution, le commerce indépendant, le commerce en réseau et la franchise et les espaces publics marchands sous la responsabilité des communes (marchés de gros, abattoirs et halles aux poissons). Non loin de cet environnement, le gérant d’une société de négoce se sentira fortement concernée par ces démarches gouvernementales puisqu’elles ne font que fructifier son business et élargir ses opportunités dans un marché en pleine ébullition. Rawaj 2020 prévoir en effet de faire du Maroc une plateforme de shopping par excellence présentant une offre répondant aux besoins de tous les consommateurs. Une des actions du programme est de moderniser le commerce de proximité (labellisation, centrales d’achats, réseautage des commerçants…). Ceci permettra aux personnes désireuses de se lancer dans le négoce d’avoir une cartographie des commerces plus claire et donc plus accessible. Dans la même optique, le programme compte contribuer à l’émergence des mastodontes nationaux. Le secteur est voué à se développer.

L’implantation de 600 grandes et moyennes surfaces dont plus de 50 hypermarchés générant près de 80 000 emplois est attendue à l’horizon 2020. 15 malls pouvant abriter prés de 3000 magasins de franchise et de commerce moderne devront être créés. En découlerait prés de 21 000 emplois.

Parallèlement, 15 outlets verront le jour ; ce qui devra générer 5.000 emploi. Pur l’heure, le PIB actuel du commerce à 98 milliards de DH. Le secteur devrait croître de 8% annuellement environ portant ainsi sa contribution à 12,5% du PIB national. Même si la profession de négoce est exclue du programme Rawaj; elle sera affectée positivement par ses actions. Un fonds de développement de commerce doté de 200 MDH/an avait déjà permis d’inciter les commerçants à moderniser leurs espaces, entre 2009 et 2012.  Cela dit devenir négociant n’est pas une mince affaire. Il faut maîtriser son réseau et avoir une assise financière solide pour parer à toutes éventualités. Les transactions n’étant pas toujours automatiques.

Du négoce à la société d’import export

Ce sont généralement les personnes dotées de la fibre commerciale qui vont se diriger vers ce créneau. Et c’est le cas de Ali Moutii, gérant de la société d’import et export Silver City et qui après plusieurs années à Boston, a choisi de retourner au bercail pour lancer son propre business grâce aux réseaux qu’il a pu créer de l’autre côté de la rive.

Ali a, en effet, quitté le Maroc en 1997 pour y retourner en 2008. Le désir de vouloir rester connecter à l’international, c’est sa réelle motivation pour avoir créé une société d’import-export… Après s’être essayé dans plusieurs créneaux, le manager s’est positionné dans le rayonnage et la manutention. Il faut dire que son choix s’est laissé guider par une confiance instaurée avec des partenaires. C’est le secret de la réussite dans un tel métier.

«Quand les fournisseurs étrangers savent qu’ils ont un interlocuteur qui est familiarisé avec le système, ils font confiance et cela facilite la pénétration du marché», explique M Moutii.

Ali a pu démarrer son business; grâce à un local qu’il avait déjà acquis, en 2005, à 800.000 DHS alors qu’il était encore aux Etats-Unis. La constitution de la société lui aura coûté 10.000 DHS et le premier approvisionnement en marchandises, 400.000 DHS. Le fond de roulement a été estimé à 200.000 DHS. En tout il aura fallu une manne de 1.400.000 DHS pour réussir une telle entreprise. «Tout est relatif», nuance M Moutii qui a démarré avec moins que cela à Boston…

«Le montant dépend de l’ampleur de la prise de risque mais aussi du produit à commercialiser».

C’est clair. Le pouvoir d’achat en grande quantité permet aussi de faire diminuer le coût unitaire. Les prévisions devront être faites, dans ce sens. Pour ce qui est des modalités administratives, elles sont standards et le simple recours à un cabinet d’expertise comptable permet la création officielle de l’entité juridique. Dès lors, le démarrage pourra se faire. Le lancement nécessite un show room et une aire de stockage. Concernant les moyens humains, une secrétaire, un commercial et un technicien peuvent représenter l’équipe de départ. C’est le cas de l’affaire que gère Ali. Depuis 6 ans, l’activité tourne bien, assurant un retour d’investissement. Le manager restera, toutefois, discret sur le chiffre d’affaires réalisé… Il conseillera aux personnes désireuses d’investir dans ce créneau de bien choisir les produits à importer avant de se lancer dans le business. « Il faut avoir les bases pour démarrer et pouvoir résister. Il faut être patient, intégrer le système du négoce et surtout gérer la mentalité marocaine », conseille Ali qui se sentira toujours imbibé de la culture américaine… Mamadou Ba a choisi le négoce international lui aussi. Sa fibre commerciale, il l’a aiguisée, depuis des années, quand il était salarié dans une grande multinationale de transport espagnole. Au fil des ans, Mouma, comme ses amis se plaisent à l’appeler, ne se voit plus être sous le joug d’un boss et décide de voler de ses propres ailes. Sa société d’import-export assure désormais les transactions commerciales surtout entre le Maroc et le Sénégal. Sénégalais de naissance mais portant le Maroc dans son cœur depuis son arrivée pour y poursuivre ses études, l’homme connu pour son empathie a fait plusieurs aller retours jusqu’à s’installer de manière presque définitive dans son pays natal.

Le business suivra le rythme. Les produits acheminés du Maroc vers le Sénégal sont fonction du besoin et des rencontres. Car pour un tel métier, le flair représente le principal atout de l’homme. Les risques demeurent toujours existants. Mamadou se rappellera, en effet, le tragique incident qui a endommagé l’intégralité d’un de ses convois de matériel de BTP sur la route, il y a quelques années. Le camion a pris le feu et toute la marchandise s’est envolée en cendre avec… La prise de risque est très importante dans ce domaine. Et il faudra avoir les reins solides pour demeurer dans la course.

Cela dit, quand la personne admet ses entrées dans le pays d’origine de la marchandise, négocier devient plus simple tant dans les quantités que dans les délais de paiement. Écouler la marchandise est la dernière étape mais qui sous entend que le négociateur a déjà un marché pour les produits entrants… Le ravitaillement permet de réguler les flux, de fidéliser, de lisser les charges et de maîtriser les risques. Sans cela personne ne peut tenir. Celui qui veut investir dans ce créneau et faire des transactions ponctuelles risque en effet de perdre tout simplement en crédibilité.

C’est tout l’art de l’import/export. Ne pas en maîtriser tous les maillons serait fatal à terme. Les personnes qui détiennent des cartes exclusives de marques par exemple, s’en rendent compte facilement compte tenu des objectifs stricts à réaliser. Un chiffre d’affaires annuel, en général, est fixé par marque par la maison mère. Et si le détenteur de celle-ci ne s’en tient pas alors il se verra tout simplement retirer la carte. Le business est le business !!!

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