Créer un gite, ou une petite unité

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Tourisme : des niches encore à investir

Le tourisme représente toujours un levier de croissance. Second contributeur au PIB national et deuxième créateur d’emplois, le gouvernement a affiché clairement ses ambitions dans ce domaine à travers le plan Azur à travers la vision 2020. Avec une demande touristique globale estimée à 12% du PIB, le secteur a créé 505.000 emplois directs qui correspondent à prés de 5% de l’emploi dans l’ensemble de l’économie (chiffres 2014). Le tourisme a été identifié comme étant le premier secteur générateur de devises. En 2014, les recettes,issues par les non-résidents ayant séjourné au Maroc ont atteint près de 57,2 milliards de dirhams. « Ces recettes en devises représentent près de 29% des exportations des biens et services et le solde de la balance des voyages a couvert 24% du déficit de la balance commerciale en 2014 », renseignent les responsables du ministère du tourisme. En clair, si la crise a atteint certains pays, le Maroc a su préserver son image et attirer 10,3 millions de touristes en 2014 soit +2,4% de progression par rapport à 2013.« A fin 2014, la capacité litière classée a atteint plus de 216 386 lits en progression de près de 8 820 lits supplémentaires par rapport à 2013.  Les hôtels 3*, 4*, 5* et les hôtels clubs constituant 61% du total du parc de l’hébergement touristique classé ». Les chiffres officiels parlent d’eux mêmes. Les capacités de développement demeurent réelles. Et les niches diverses.

L’écotourisme, une carte à saisir

L’écotourisme étant au cœur des débats. Et le gouvernement encourage les initiatives dans ce sens retenant des critères liés à l’authenticité, l’innovation, la qualité et la durabilité. Aujourd’hui, les opportunités sont orientées vers la création de petites unités hôtelières répondant aux normes et standards internationaux. Les gîtes représentent également un créneau de démarcation pour celui qui souhaite investir ce domaine.

L’écotourisme a été identifié comme étant une excellente manière de pratiquer le tourisme. D’une pierre deux coups, cela permettrait de désenclaver des régions du Maroc pour les faire découvrir et les valoriser économiquement tout en préservant la beauté des sites. C’est dans ce sens, que la création de gîtes représente une opportunité indéniable pour celui qui possède une parcelle de terrain ou une bâtisse dans un bel endroit reculé au Maroc. Aujourd’hui, 130 gîtes à peine ont été dénombrés par les autorités compétentes. 49 à peine ont reçu le label attestant le respect des normes. Une cinquantaine ne sont pas encore classés et 35 autres sont en cours d’aménagement. Tout ceci pour dire que celui qui souhaiterait investir dans ce créneau ne devra pas hésiter une seule seconde surtout s’il est propriétaire d’une parcelle de terrain dans un bel endroit.

L’expérience de Mohamed Diouri, propriétaire du gite Nadia est édifiante. Son idée de faire de sa propriété un gite a payé après plusieurs années de labeur. Il y a 8 ans, cet ancien cadre de l’OCP a décidé de faire de la maison familiale, installée, sur près d’un hectare, à dix minutes de Casablanca, un gite. Une idée bien cogitée car le lieu s’y prête. Retiré des espaces industriels, le site permet aujourd’hui de recevoir une clientèle d’affaires à 80% qui vient au Maroc pour des missions ponctuelles dans les entreprises mitoyennes au gite. Le reste de la clientèle, elle s’est faite progressivement à travers le référencement de l’établissement hôtelier sur des sites commerciaux de référence pour ne citer que booking.com et expedia.com. Il faut dire que l’homme épaulée par son épouse Chantal, y a mis tout son cœur pour créer des chambres où le confort rappellera au client son propre chez soi ou lui donnera un avant gout de l’art marocain. 12 chambres en tout ont été agencées selon un style traditionnel marocain. Les lits en baldaquin assurent une ambiance d’intimité et rappelle les anciennes demeures du pays. Taddelakt, carrelage de Fès, portes décorées traditionnellement, les matériaux transportent les clients dans l’univers des médinas du Maroc à quelques minutes de Casablanca, seulement. Une manière d’agrémenter en somme les soirées d’une clientèle plutôt active la journée et désireuse de s’évader le soir… Et pour optimiser le confort, toutes les chambres ont été équipées de climatisation et de chauffage, de télévision, de wifi.

Bref, le propriétaire n’aura pas lésiné sur les moyens. «Ce projet m’aura coûté 10 MDH pour démarrer mais il a nécessité autant pour assurer les réaménagements et les améliorations successives au fil des ans», atteste M Dioury. Toujours est-il que le retour d’investissement a été rendu possible dès la seconde année puisque l’établissement affiche un chiffre d’affaires d’environ 6 MDH par an. Les tarifs des chambres variant entre 690 et 990 DHS. Tout compte fait la qualité paie! Le propriétaire du gite Nadia confirme l’attractivité d’un tel domaine et les opportunités qu’il recèle. Cela dit, les personnes désireuses de s’y investir devront s’impliquer directement dans le projet car la qualité du produit en dépend. « Les bas et moyen de gamme sont très difficiles à rentabiliser, fait remarquer le propriétaire des lieux.

Le gite assure, en effet, des services annexes pour maintenir la qualité de service et attirer d’autres catégories de clientèle. L’’espace est ouvert aussi aux personnes qui désirent se restaurer uniquement et passer la journée au bord de la piscine. D’ailleurs sur les 10 personnes travaillant dans le gite, 6 sont affectés à la restauration. Plusieurs activités de loisirs et de sport sont offertes en effet ce qui permet de drainer une clientèle locale en toutes saisons.

Et en direction des entreprises, une salle dotée d’une surface de 120 m² a été aménagée et équipée pour accueillir des événements tels que les séminaires, les tables rondes, les stages de motivation, les tournois de bridge. Le gite s’y prête. Les équipes y ont été formées. Le propriétaire veille au grain avec sa femme Chantal qui a assuré elle même la restauration au moment du lancement de l’affaire familiale. Une véritable success story à prendre comme modèle.

Petite unité hôtelière classée

Autre créneau porteur, la construction d’une petite unité hôtelière. M Abdellatif Fakhar, directeur de Manzil Hôtel Casablanca nous livre les détails d’un processus qui a permis d’assurer un taux d’occupation honorable même en temps de crise ! Situé dans le quartier de Roches Noires, à proximité de l’activité de Ain Sebaa, l’hôtel 2* a été construit en 2011 pour répondre à une clientèle non seulement d’affaires mais venant découvrir le pays. « Un tel projet nécessite environ 12 MDH. Pour une capacité de 40 chambres, il faudrait un effectif de 10 collaborateurs environ», précise le directeur de l’établissement. Avec 3 réceptionnistes, 2 femmes de chambres, un technicien, une cuisinière, un serveur et une personne polyvalente, le gérant d’une telle unité hôtelière peut assurer un niveau de qualité de service répondant aux normes requises. Pari gagné car l’hôtel a reçu le label Clé Verte, la certification de référence délivrée par le ministère de l’environnement. Encourager l’écotourisme étant au cœur de la priorité gouvernementale. L’étiquette écologique permet non seulement de signer un engagement pour protéger l’environnement mais aussi de s’inscrire dans la durabilité et la RSE (responsabilité sociale d’entreprise). Cette démarcation s’inscrit aussi dans une démarche marketing ce qui a permis d’augmenter le chiffre d’affaires de l’établissement. Cela dit, un tel positionnement nécessite un investissement également. «Dans le cas d’un hôtel 2*, le coût d’investissement pour les installations écologiques peut ne pas dépasser les 15% du coût d’investissement global. Une partie de ce coût peut être récupéré sur le coût d’exploitation puisque les factures d’eau et d’électricité diminuent largement si l’établissement est doté d’isolation et d’équipement de réduction de la consommation d’eau », explique l’hôtelier. De tels efforts consentis au départ ont permis d’assurer une progression du chiffre d’affaires, dès la première année. Sans divulguer de chiffres pour autant, M Fakhar avance un retour d’investissement compris entre 4 à 5 ans pour un hôtel 2*. « Ce créneau est en pleine expansion et l’Etat compte contribuer pour faciliter les procédures administratives et apporter le concours nécessaires aux personnes désireuses de s’y investir».

Résolutions gouvernementales

L’Etat entend,en effet, doubler la taille du secteur. « Doubler la capacité d’hébergement, avec la construction de 200.000 nouveaux lits dont 150.000 hôteliers et 50.000 assimilés, pour offrir aux visiteurs une expérience touristique riche et dense », c’est ce qui a été retenu, en effet, officiellement. Les arrivées de touristes devraient suivre le même trend aussi. L’Europe représentant le cœur du marché mais l’idée est aussi d’attirer 1 million de touristes issus des marchés émergents.Et pour démocratiser le tourisme, l’Etat compte tripler le nombre de voyages domestiques. C’est dans cette optique que la construction de petites unités touristiques offrant un rapport qualité prix intéressant répondrait à cette demande. A titre d’exemple, Manzil Hôtel Casablanca offre des installations modernes conçues soit dans le cadre de voyages d’affaires soit dans le cadre purement touristique. Les chambres sont totalement équipées d’internet wifi gratuit. La qualité représentant un vecteur de développement et de réussite. Les personnes qui souhaitent goûter à cette aventure devront en effet respecter les normes de qualités conformes aux standards internationaux de telle sorte à assurer un niveau de taux d’occupation rentable. La demande existe à ce niveau. Et sur tout le territoire marocain.

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