Commercialisation des produits du terroire

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Les produits du terroir : une richesse indéniable

Chassez le naturel, il revient au galop ! Les produits naturels sont de plus en plus prisés et la filière commence à se structurer et à s’exporter même. Les canaux de distribution demeurent toutefois le principal obstacle aux producteurs ou sous traitant. Là encore, le ministère de l’agriculture, conscient de l’énorme plus value à dégager dans ces richesses naturelles n’a pas hésité à mettre les bouchées doubles et créer l’Agence pour le Développement Agricole (ADA). Le rôle ultime de l’entité est de commanditer la commercialisation des produits du terroir marocain. Faciliter l’accès à la variété de produits du terroir disponible à travers des canaux de distribution modernes, tel est le challenge. Les produits sont, en effet, extraits et traités dans les régions les plus reculées du pays. D’un autre côté, l’agence table sur la valorisation du produit à travers le packaging et un marketing puissant pour doper les ventes et créer des centres de profits.

Autrement dit, celui qui décide d’investir cette niche en se positionnant entre les producteurs et l’agence pourra dynamiser les processus. Il créera sa propre enseigne de magasin spécialisé et sera soutenu par le ministère de tutelle dans l’accompagnement et la valorisation des produits du terroir.

Le plan vert l’a prévu dans ses axes stratégiques pour moderniser l’agriculture et créer de la valeur ajoutée. Pousser le raisonnement à l’extrême, renvoie à la certification des produits. Cette dernière permettra l’exportation des produits sur des marchés où la demande a déjà été diagnostiquée forte pour ne citer que les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France.

Vendre le cachet du terroir marocain, le SIAM (Salon international de l’agriculture au Maroc) est devenu, par ailleurs, l’espace incontournable pour réussir à le faire avant de se déplacer dans le pays à prospecter.

L’agence s’est fixée des objectifs. La visibilité à l’ensemble des opérateurs  et des intervenants dans le développement de la commercialisation des produits du terroir est le prioritaire.La première adresse à avoir dans son calepin est bien celle de l’entité qui a été créée spécialement pour accompagner les producteurs des produits du terroir afin d’améliorer leur capacité collective à se prendre en main pour mieux valoriser et commercialiser leurs produits à l’échelle nationale et internationale.

La niche est bien dans les canaux de distribution et l’aménagement de magasins spécialisés, labellisés et emprunt du cachet du terroir marocain. Tout se joue à ce niveau. De son côté, l’Agence crée ses connexions avec les principaux réseaux de distribution modernes. L’opération se matérialise par la signature de convention de partenariat. Concrètement, une centaine de coopératives des produits du terroir représentant plus de 8000 adhérents, a pu être référencée auprès des Grandes et Moyennes Surfaces. Parallèlement, le magasin spécialisé en produits du terroir permet de fidéliser les clients en quête de naturel et soucieux de préserver les principes actifs de leur corps… L’investissement demeure à ce niveau fonction des capacités de chacun. Louer un magasin, pignon sur rue dans un quartier cossu est facilement quantifiable par mois… Mais c’est sa capacité de financer ses stocks qui est la plus importante. Car les clients ne reviennent que lorsqu’ils sentent que l’enseigne est à la page de toutes les nouveautés et qu’elle a une très forte capacité de réactivité quant à la commande. Ceci suppose que le propriétaire d’un tel magasin soit aussi producteur ou en partenariat lui même avec plusieurs producteurs et coopératives pour la valorisation de leurs produits et la mise sous un même label.

Le label, gage de qualité …

Alors qu’il y a quelques années, les produits du terroir ne s’adressaient qu’à une frange de la population à faible revenu, un nouveau marché est en train de se structurer aujourd’hui. Avec l’introduction de nouvelles enseignes commercialisant ces produits naturels, tous sélectionnés pour leurs vertus, la famille qui s’agrandit s’adresse à une catégorie à revenus plus élevée. Et c’est bien dans ce sens que l’investisseur potentiel devra miser aussi sur le marketing et le packaging pour séduire cette catégorie de clientèle qui refusera catégoriquement quelques soient les bienfaits d’un produit naturel de le porter avec elle s’il n’est pas bien emballé… Ceux qui ont investi le créneau l’ont très vite compris. Cela dit, les produits demeurent chers, compte tenu des extraits et des ingrédients qu’ils contiennent. Les valoriser à travers un emballage aguicheur s’avère donc tout à fait approprié. Les coûts à ce niveau risquent quelques fois de grever les marges pour rester dans des grandeurs de prix raisonnables et acceptables. Et c’est bien dans ce que sens que le business plan devra retenir des capacités importantes en terme de stocks pour avoir une force de négociation des prix de revient des produits. Il en est de même pour les emballages. Le compte est vite fait. Ceux qui se sont essayés avancent des investissements qui dépassent très facilement les 10 MDH.

Créer la notoriété pour exister

Toujours est il que le ministère de tutelle encourage de telles initiatives à travers un programme de promotion et de communication des produits du terroir. L’agence vient de lancer une campagne de communication sur les produits du terroir le mois de chaâbane. 15 villes du Royaume ont été retenues dans le cadre de cette opération. Animation sur points de vente et campagnes médiatiques (TV, radio, presse et affichage urbain) représentant les deux principaux axes de ladite campagne. L’intérêt de labelliser ses produits et être répertorier chez l’agence est indéniable.

Environnement propice

Les résultats sont prometteurs et les potentiels encore nombreux. A titre d’exemple, les produits de la coopérative Nouarat Aïn Lahjar, créée en 2011 dans la commune rurale de Benkarrich, province de Tétouan,  et spécialisée dans les plantes aromatiques et médicinales, sont déjà référencés chez l’enseigne Marjane. De même pour la coopérative ArganaNoumskroud, créée en 2012 dans la commune rurale d’Ameskroud, province d’Agadir Ida Outanane. Cette unité qui évolue dans la filière de l’argancommercialise, désormais, ses produits à design et packaging fort attrayants au niveau de magasins spécialisés. Nombreuses sont les coopératives qui ont été repérées par leurs produits de qualité. C’est le cas aussi des coopératives Soffi, et Tyout Chiadma. La première est positionnée dans la filière de la rose ; la seconde dans celle de l’huile d’olive. Toutes les deux ont des ambitions à l’exportation. Les opportunités à ce niveau sont donc importantes. L’intermédiation à ce niveau est intéressante. Sauf que les négociations devront portées sur les capacités de production de la coopérative et le respect des délais.  Les revenus de ces entités demeurant encore insuffisant pour satisfaire des niveaux de production élevés.

Le plan vert l’a inscrit parmi les priorités. Une étude  effectuée par l’ADA sur un échantillon de 100 groupements producteurs représentant 17 filières de production, et ayant bénéficié des programmes de l’entité dans le cadre du développement et de la commercialisation des produits du terroir fait ressortir clairement l’impact. Le chiffre d’affaires des groupements représentant cet échantillon est passé de 9.78 MDH en 2008 à 321 MDH en 2014, soit une augmentation de 32 fois par rapport à la situation de référence. Bref, le secteur est porteur. Il  contribue à hauteur de 19% du PIB national.
Le Plan Maroc Vert vise la mise en valeur de l’ensemble du potentiel agricole territorial. Il devra contribuer au PIB à hauteur de 174 milliards de DH. Cette performance devra s’accompagner par la créationde 1.150.000 emplois à l’horizon 2020. Ceci devrait tripler le revenu de près de 3 millions de personnes du monde rural.

Accompagnement solidaire de la petite agriculture

Il se fera à travers 545 projets. Concrètement, il s’agira d’intensifier ou professionnaliser de petites exploitations agricoles dans les zones rurales difficiles. Le but étant la valorisation de la production et la pérennisation du revenu agricole. Concrètement, les différents plans agricoles régionaux permettront de construire une vision et une offre agricole régionalisées. Ceci permettra la mobilisation de fonds régionaux et nationaux, d’organismes de crédit et des investisseurs qui souhaitent soutenir la démarche.

Une frange de la  diaspora marocaine pourrait trouver donc sa voie si elle souhaite revenir au Maroc ou faire des allers et retours!

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